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Edition du 20 janvier 2008
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Traduction des expressions créoles:

La chasse tangue :
sorte de petit hérisson de LA REUNION, considéré comme un gibier que l'on chasse avec des chiens. C'est aussi l'emblème du site Caloupilé.

Dan' zerb' LA POSSESSION : dans l'herbe (savane) de LA POSSESSION...

Band'na la mett' le paquet pou coupe mon tête : ceux là emploient les grands moyens pour me faire couper la tête.
























 BRISER LE SILENCE,
POUR CRIER LA VERITE

Le moment est venu d'expliquer les raisons du long silence du site Caloupilé.
La chasse tangue a été ouverte depuis septembre 2005, avec de grands moyens car on veut à tout prix la peau de la petite bête.
Caloupilé fut donc contraint de se réfugier DAN' ZERB' LA POSSESSION , le temps de se refaire une santé et de se préparer à affronter l'épreuve du feu, prochainement.
Pendant ces deux années, pour ne pas s'égarer, Caloupilé a marché sur les traces des faibles et des opprimés. Traqué sans relâche, il a appris à survivre  avec des compagnons d'infortune, à fuir avec eux en se serrant les coudes, coûte que coûte !... De cette errance forcée est née une aventure humaine, peuplée de bonnes et de mauvaises rencontres.
Mon récit n'est pas une fiction, mais bien la réalité à laquelle nous devons aujourd'hui faire face, pour que des femmes et des hommes honnêtes puissent garder l'espoir d'un monde meilleur et avoir le courage de défendre ceux qui subissent des injustices.
Mes convictions et mes actions me valent aujourd'hui de comparaître devant la justice, en tant que prévenu, pour m'expliquer sur six articles publiés sur le site Caloupilé suite à des plaintes pour diffamation.
Puisque je dois servir d'exemple, j'ai décidé de vous raconter mon parcours du combattant pour que soit reconnu le droit à la liberté d'expression. Ce récit personnel va vous surprendre sur bien des points, mais il n'est qu'une illustration de ce qui se passe chez nous.
Rassurez-vous !... Je ne suis pas un acteur de la scène politique et je ne suis pas inféodé à un quelconque parti, ni à une mouvance partisane. Je ne suis qu'un simple citoyen, accomplissant son devoir d'homme pour que des valeurs humaines et républicaines soient respectées, au risque de tout perdre. Qui suis-je ? Vous le découvrirez !...

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CALOUPILE, MIS EN EXAMEN POUR AVOIR PUBLIE SIX ARTICLES QUI DERANGENT.

Les six articles en question n'ont pas été choisis au hasard par les plaignants. Ils caractérisent la politique municipale. Cela concerne :
- un contentieux sur le droit de préemption ;
les procédures de marchés publics ;
- les incidents de séance du conseil municipal ;
- la publication de jugements de condamnation ;
le manque de transparence sur les procédures judiciaires et leurs coûts ;
- la suspension du conciliateur de justice André RIVIERE.

A l'origine, cinq personnes avaient engagé des actions en justice contre le directeur de la publication du site Caloupilé. Deux d'entre elles ont renoncé, trois ont poursuivi : le maire Roland ROBERT, la deuxième adjointe Sylviane RIVIERE et le directeur de l'aménagement Youssouf MOHAMED ont estimé que mes propos portaient gravement atteinte à leur honneur et à leur considération en leur qualité de citoyens chargés d'un mandat public et dépositaires de l'autorité publique.
Les plaintes pour diffamation ont été déposées auprès du Tribunal de Grande Instance de PARIS en septembre et octobre 2005. Ainsi, il a été décidé que mon procès aura lieu à dix milles kilomètres de LA REUNION, loin de vos oreilles qui ne pourront pas entendre des vérités.
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LES GRANDS MOYENS, POUR ANEANTIR CALOUPILE.


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En réalité, les actions en justice ont pour but de mettre un terme définitif aux publications de Caloupilé, qui attirent trop l'attention des lecteurs sur des faits troublants. Hormis le style, c'est surtout le fond de mes articles qui est gênant.
Pour atteindre cet objectif, il faut des mains expertes pour manier le couperet de la censure. Les plaignants ont donc requis les services de plusieurs avocats d'un grand cabinet parisien, spécialisés dans les délits de presse.
Vous conviendrez, pour reprendre une expression créole, " band'na la mett' le paquet pou coupe mon tête... ".

Je devais être jugé le mardi 4 septembre 2007. Le jour de l'audience, j'ai demandé à la cour de bien vouloir reporter mon procès à une date ultérieure, car les avocats des trois plaignants m'avaient adressé très tardivement leurs conclusions (c'est à dire seulement quatre jours auparavant). Ainsi, ils pensaient me mettre en grande difficulté car je n'aurai pas eu le temps d'étudier leurs éléments pour affiner ma défense.
Mon procès a été reportée au 19 février 2008 malgré les protestations de la défense des parties civiles, car leurs clients trouvaient que les affaires traînaient trop en longueur, ils étaient impatients d'avoir ce jugement.
Mais récemment, lors d'une audience relais, l'un des avocats de ROBERT, RIVIERE et  MOHAMED ont demandé un nouveau report de mon procès après les élections municipales car, disait-il, ses clients n'avaient pas le temps de s'occuper de cette affaire pour cause de campagne électorale.
J'ai précisé à la cour que j'avais depuis longtemps produit au procureur de la république et aux avocats des plaignants les éléments de ma défense (d'abord en juillet 2006, puis en juillet et en août 2007) et qu'ils avaient eu largement le temps de faire leurs observations...
La cour a cette fois-ci accédé à la demande de l'avocat et a décidé de reporter une nouvelle fois mon procès : rendez-vous est pris pour mai prochain.
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SEUL DEVANT MES JUGES, TÊTE HAUTE.

J'ai décidé de me présenter seul devant mes juges, sans l'assistance d'un avocat. Mes finances sont comptées et ceux qui m'accusent de diffamer le savent. Je n'ai donc pas d'autre choix que de me défendre à mains nus contre l'artillerie lourde.
Au cours de ces deux années passées DAN' ZERB' LA POSSESSION, j'ai découvert des gens formidables. Nous avons appris à nous connaître. Lorsque j'ai été mis en examen, certains ont eu le courage de témoigner en ma faveur, d'autres ont travaillé d'arrache-pied pour réunir les preuves nécessaires à ma défense.
J'ai une pensée particulière pour toutes ces personnes et je leur dis toute ma reconnaissance.
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LA SOLIDARITE EST UNE ARME CONTRE L'INDIFFERENCE ET L'INJUSTICE.

Je ne suis pas l'auteur de cette phrase, mais je l'ai adoptée car elle résume bien ce que je souhaite.
Je vais devoir affronter au mois de mai les avocats de Roland ROBERT, Sylviane RIVIERE et Youssouf MOHAMED. Ils vont plaider la mauvaise foi et tout tenter pour me faire condamner.
Jusqu'au jour de mon procès, je dois continuer à rassembler les éléments et les preuves matérielles pour convaincre les juges de mon innocence.
Je ne suis pas un cas unique. Avant moi, d'autres ont connu le même sort !... Nos expériences sont précieuses : il faut accepter de mutualiser pour être plus fort.
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RESTER DIGNE !

Mon histoire doit être racontée avec des mots justes : elle doit réveiller la conscience des gens. Elle est aussi une invitation à une réflexion profonde sur la société réunionnaise, sur ce qu'elle est devenue, sur ses dérives, sur ses vraies valeurs, sur ses espérances et sur son avenir. 
Je perçois à LA REUNION cette force tranquille que nul peut dominer. Elle est souterraine, discrète, invisible. Il faut la chercher, il faut avoir la chance de la trouver, il faut la mériter.
J'ai besoin de cette force tranquille pour ne pas être condamné, pour ne pas tout perdre. Je ne me plains pas, je veux seulement être entendu et compris.

La justice ne doit pas être l'otage de l'opinion publique, ni du pouvoir. Elle doit conserver toute son indépendance et être respectée. Pour qu'elle soit juste, elle doit être éclairée par la vérité.

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